Château d'Alone-Toulongeon (La-Chapelle-Sous-Uchon, S. & L.)

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Références bibliographiques :

Articles dans cette page et la suivante :

Douves du château d'Alone-ToulongeonLe moulin d'Alone-Toulongeon au XIXe siècle, complément d'information

Je viens de retrouver, dans mes archives, une photographie prise en juin 2004 après la vidange des douves. Cette photographie oubliée a le mérite de montrer, au-dessus du remplissage de plus d’un mètre de vase, les anciens murs qui limitaient les douves vers l’extérieur. Ces documents complètent l’article précédent : Le moulin banal, nouvelles données.

La photo de droite nous montre l’angle nord des douves au niveau duquel les murs formaient un angle droit ①. C’est à ce niveau qu’une poutre de bois faisait saillie, un mètre sous la surface de l’eau. Nous y voyons également l’emplacement de la prise d’eau du moulin ② du XIXe siècle. L’emplacement de la passerelle qui joignait le moulin du XVIIIe siècle à la terrasse est indiqué par l’indice ③.

Cette photographie est importante car c’est une des rares qui nous montre cette partie des douves avec les murs encore en place. Elle est cependant complétée par la photo ci-dessous qui nous montre, après curage des douves, les restes de ces murs en place.

Douves du château d'Alone-Toulongeon

Les travaux de consolidation des fossés ont fait disparaître ces vestiges. Les murs ont été remplacés par un talus en pente douce (photo ci-dessous) qui a arrondi l’angle nord pour offrir une esplanade plus large de la partie nord de la terrasse.

Douves du château d'Alone-Toulongeon

Bernard Gueugnon

Découverte d'un tore semi-circulaire

mur du château de Toulongeon

fig.1 : A droite du mur soutenant la terrasse au-dessus du moulin se situe l'appentis qui cache le tore. Le cercle rouge entoure l'extrémité du tore qui vient buter contre les restes de la passerelle.

Tore dans le mur du château de Toulongeonfig.2 : Le tore caché par l'appentis et décorant la partie nord-ouest du mur présente un rayon de courbure de 15 cm.

Lors de la réfection de la toiture du bâtiment en appentis adossé au mur nord-ouest qui soutient la terrasse (fig.1), nous avons découvert un tore semi-circulaire de 30 centimètres d'épaisseur placé à 1 mètre en-dessous du haut du mur (fig.2). C'est cette façade nord-ouest qui accueillait le regard du visiteur venant au château. Ceci explique la mise en place de cette ornementation qui devait se prolonger sur toute la longueur du mur.

Le prolongement de ce tore se retrouve, en retour d'équerre, sur la façade nord-est du mur qui surplombe la cour du moulin. Son extrémité venait buter contre le montant nord de la passerelle (fig.1) qui joignait la terrasse à l'ancien moulin banal du XVIIIe siècle (voir article ci-dessous, le moulin d'Alone, nouvelles données).

Vue du château de Toulongeau au 17ème sièclefig.3 : Au premier plan, le mur représenté sur le tableau de la fin du XVIIe siècle.

Ce tore n'existe pas sur le mur représenté sur le tableau de la fin du XVIIe siècle. Un simple chaperon plat débordant recouvre alors le haut du mur (fig.3).

Tores sculptésfig.4 : Les trois éléments provenant de la démolition du tore.

Ainsi, ce tore pourrait avoir été mis en place lors de la reconstruction du château à la fin du XVIIIe siècle. Nous avions retrouvé, dans la cour du moulin, trois éléments de démolition (fig.4) qu'il nous était difficile de situer sur le château. Maintenant nous pouvons les identifier comme des éléments de ce tore.

Bernard Gueugnon

La chapelle castrale du château d'Alone-Toulongeon : un tableau, un miracle, une légende.

La Crucifixion : Tableau de l’église Saint-Martin de Couches (71)La Crucifixion : Tableau de l'église Saint-Martin de Couches (71)

1 – Le tableau :

Pourquoi mentionner ce tableau ① au sujet du château d'Alone-Toulongeon ?
Il y a deux raisons :

1 - le docteur Guy Rérolle l'a fait figurer à la page 71 de son livre, « Bussy-Rabutin, souvenirs actuels », publié en 2010 et légendé comme suit : « La famille spirituelle de François de Sales et de Jeanne de Chantal. Peinture provenant de la chapelle du Château de Toulongeon. Actuellement exposée au transept de l'église de Couches (Saône et Loire). »

2 - de même, Maurice Guilleminot a inséré ce tableau dans son livre « Histoire d'Uchon » publié en 1980 où il nous rapporte la description faite par l'abbé Desmoulins lors de la visite de l'église de Couches en 1979 : « Ce tableau représente toute la famille spirituelle de saint François de Sales. A gauche, Marie-Aymée de Chantal en deuil et en pleurs (elle était pourtant morte cinq ans avant le miracle, ayant perdu son mari), puis à droite : le futur saint François de Sales, la future sainte Jeanne de Chantal et enfin Françoise de Toulonjon, mondaine, avec une écharpe rouge. Au pied de la croix et l'entourant de ses bras, la sœur Anne-Marie Rosset en extase et la future supérieure de la Visitation de Dijon. A genoux, à gauche, la belle Gasparde d'Avise et une autre sœur, à droite, cueillant la fleur de la vertu : une tulipe et un œillet en l'occurrence. Il manquait les deux sœurs converses. ».

Par cette description, l'abbé Desmoulins, illustrait à merveille le miracle qui a eu lieu en la chapelle située devant le château d'Alone en 1622.

2 - Le miracle de la chapelle d'Alone :

Ce miracle a été retenu par l'Eglise pour la canonisation de madame de Chantal.

« Sur ces entrefaites madame de Chantal vint en Bourgogne, et, par le conseil de saint François de Sales, ce fut à Alonne, près de sa fille, qu'elle dut attendre les sœurs d'Annecy qui venaient pour coopérer avec elle à l'établissement du couvent de Dijon qu'elle allait fonder. [… ]
Outre sa mère, Françoise [de Toulonjon] avait encore la joie de recevoir chez elle plusieurs des religieuses qu'elle avait autrefois connues à Annecy ; deux d'entre elles arrivaient de Bourges. C'était d'abord la sœur Anne-Marie Rosset, fille profondément humble, et à cause de cela favorisée de grâces extraordinaires.
Elle eut dans la chapelle même d'Alonne un ravissement durant lequel elle fut deux heures tout absorbée en Dieu et élevée au-dessus de terre. Madame de Toulonjon fut témoin de ce fait merveilleux, et « elle envoya, » dit notre ancienne histoire, « querir tout son monde et la grande compagnie qui était au château pour voir la sœur dans son extase. La compagne de la sœur Rosset était la sœur Marie-Gasparde d'Avise, cette fille de bon lieu et extrêmement belle à laquelle Françoise avait vu prendre l'habit dans le temps où, presque encore enfant, elle pleurait de ne pouvoir être novice. Quatre autres religieuses du couvent d'Annecy vinrent aussi rejoindre la mère de Chantal ; en sorte qu'il se trouvait à la fois sept religieuses dans ce château d'Alonne, où il y avait « grande compagnie ». Toutes étaient si aimables et si gaies, et cependant si humbles et si recueillies, qu'on se demandait si elles méritaient d'être plus aimées qu'admirées ; mais leur modestie coupait court à ce débat en se refusant à l'un et à l'autre. Non seulement Françoise, mais toute la maison fut édifiée et renouvelée, et on versa beaucoup de larmes quand, après quelques jours de repos, la sainte troupe quitta Alonne avec madame de Chantal à sa tête pour aller faire la fondation de Dijon, qui eut lieu le 8 mai 1622. »
(La comtesse de Menthon - Les deux filles de sainte Chantal pages 260 à 262).

3 - Pourquoi une légende ?

Pourquoi qualifier de « légende » la description faite par l'abbé Desmoulin et rapportée par Maurice Guilleminot ainsi que la provenance du tableau avancée par le docteur Guy Rérolle.

Nous avons vérifié ces assertions par une enquête auprès de personnes compétentes en ce domaine :

- Monsieur André Strasberg, Conservateur des Antiquités et Objets d'Art de Saône et Loire, nous a précisé : « D'après Gérard Monthel, commissaire de l'exposition "Les Saintes Maries, les visitandines à Chalon-sur-Saône aux XVIIe et XVIIIe siècles", et auteur de son catalogue (Chalon, 1993), cette toile proviendrait du couvent de Chalon-sur-Saône [de la Visitation]. Elle a d'ailleurs été présentée dans l'exposition en question et nous l'avions fait restaurer à cette occasion. Je me suis aperçu depuis qu'elle reproduisait une estampe, conservée à la Bibliothèque Nationale.»

Gravure ayant pu inspirer le tableau de Couches (musée de la Visitation de Moulins - 03)

Gravure ayant pu inspirer le tableau de Couches (musée de la Visitation de Moulins - 03)

- Monsieur Gérard Pitaud, Directeur du Musée de la Visitation de Moulins, nous a fourni la reproduction d'une gravure ② qui a pu inspirer le tableau et qui pourrait être une copie de l'estampe de la Bibliothèque Nationale.

- Des membres de la Pastorale Tourisme et Loisirs du Diocèse d'Autun, Chalon et Mâcon nous ont fourni la copie de documents établis par Mme Oursel en 1978 et provenant des Archives Départementales de Saône et Loire ainsi que leur dépliant présentant l'église Saint-Martin de Couches, lequel mentionne ainsi le tableau : « chapelle Saint-Philibert : une grande toile peinte en 1646, classée Monument Historique, représente une Crucifixion. Autour de la Croix, la Vierge, St-Jean, St-François-de-Sales, Ste-Jeanne-de-Chantal (canonisée en 1767 par Clément XIII) et de 4 sœurs Visitandines. »

D'après ces trois témoignages, la version présentée par l'abbé Desmoulins apparaît effectivement comme une légende.

Allons plus loin dans l'analyse de cette légende :

- Pourquoi avoir représenté Marie-Aymée de Rabutin–Chantal décédée le 6 septembre 1617 donc cinq avant le miracle auquel elle n'a pas pu y assister ? On nous la dit « en deuil et en pleurs » alors que le visage du personnage paraît serein et en contemplation !

- Le miracle s'est produit en 1622 alors que Françoise de Toulonjon, âgée de 23 ans, était enceinte de sa fille Gabrielle, ce qui n'apparaît pas sur le tableau.

Portrait de madame de Toulonjon

Portrait de madame de Toulonjon, veuve, par HUYOT S (la comtesse de Menthon – les deux filles de sainte-Chantal)

Triptyque de richard Tassel - cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône

Panneau central du Triptyque de richard Tassel réalisé en 1608 et exposé dans la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône

- Le tableau a été réalisé en 1646 alors que Françoise de Toulonjon, âgée de 47 ans, était veuve. L'aurait-on représentée mondaine avec une écharpe rouge ? Alors que, sur le tableau conservé à la Visitation d'Annecy ④ « elle est représentée dans ce portrait en grand habit de veuve, et dans tout l'éclat de la beauté ». (la comtesse de Menthon – les deux filles de sainte Chantal – page 388b).

L'appellation officielle du tableau peut être confirmée par sa comparaison avec le tableau central du triptyque de Richard Tassel situé dans la chapelle « cardinale » de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône ③. Ce panneau central représente la crucifixion avec, au pied de la sainte Croix, la Vierge, saint Jean et les saintes femmes ainsi que les commanditaires de l'œuvre, le comte et la comtesse de La Marche (Ménager Philippe, Sites et monuments remarquables de Saône et Loire – Les trésors de l'ancienne cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône – page 140). Sur ces deux tableaux du XVIIe siècle, un personnage est représenté, avec une longue chevelure blonde, drapé dans un châle rouge : on l'identifie à saint Jean. Un second personnage, représenté dans une attitude de contemplation, est vêtu d'une cape dont le capuchon lui couvre la tête : on l'identifie à la Vierge Marie. Par ailleurs, sur les tableaux de crucifixion sont toujours associés saint Jean et la Vierge Marie car Jean était le seul apôtre présent au pied de la croix. C'est à ce moment que Jésus lui confia Marie, sa mère. Quant à saint Jean, il est souvent représenté avec un châle rouge.

Seule la connaissance du nom du commanditaire du tableau de Couches peut nous fournir la réponse définitive. Aussi, nous laisserons au lecteur, en fonction de sa sensibilité, le soin de choisir entre les deux interprétations de ce magnifique tableau qui est du domaine mystique !

4 – Conclusion :

Portrait de sainte Jeanne de ChantalPortrait de sainte Jeanne de Chantal (Maurice Guilleminot – Histoire d'Uchon)
La Crucifixion : Tableau de l’église Saint-Martin de Couches (71)Portrait attribué à Françoise de Toulonjon (Maurice Guilleminot – Histoire d'Uchon)

Ce tableau de l'église de Couche n'a rien à voir avec la chapelle du château d'Alone-Toulonjon et son miracle. Il s'agit simplement d'un tableau de crucifixion qui aurait été commandé par les sœurs de la Visitation de Chalon-sur-Saône.

De ce fait, l'identification de l'un des deux portraits publiés par Maurice Guilleminot dans son livre « Histoire d'Uchon » est à revoir. Si le portrait ⑤ est bien celui de sainte Jeanne de Chantal, le portrait ⑥ n'est pas celui de Françoise de Toulonjon, mais celui de saint Jean apôtre.

Bernard Gueugnon

Pierre gravée retrouvée au Château d'Alone-ToulongeonLa pierre gravée retrouvée

Dans l'article « Le château d'Alone-Toulongeon à La Chapelle-sous-Uchon » publié dans Chastel et maisons fortes IV, j'avais écrit : « Une pierre sommairement gravée, retrouvée sur le site en 1935, atteste de la fin des travaux en 1759 ».

C'est sa forme caractéristique visible sur la photographie publiée par Maurice Guilleminot dans son livre « Histoire d'Uchon » de 1980 qui m'a permis de la localiser après de longues recherches puis de la dégager.

Sous différents éclairages, bien qu'un peu endommagée, elle nous a livré de nouveau le message qu'avait transcrit Emile Truchot dans son livre « Huit jours à Uchon » :

POZE PAR MR VILO
INSPECTEVR DV CHATEAV DE TOV.

Bernard GueugnonPierre gravée retrouvée au Château de Toulongeon

Château de Toulongeon, plan terrier de 1764Le moulin banal, nouvelles données

Sur le plan terrier de 1764 (fig.1), à l'extrémité nord de la terrasse, derrière le salon d'if, figure une passerelle qui rejoint vers l'est le moulin banal décrit dans le terrier de 1774 : « Le moulin consistant en deux corps de bâtiments couverts a tuilles. Le premier est composé d'une chambre à feu et d'un grenier au dessus, l'autre d'une chambre dans laquelle est le moulin que les eaux des fossés du château font aller, une cour, un appendix et une chenevriere appelée la melonniere le tout contenant un tier et un huitième de journal ; joignant de midy au parc de mondit seigneur, et d'occident à la grande terrasse du château et de septentrion et d'orient au chemin de Toulonjon au monceaux. »
Les traces de cette passerelle sont encore visibles à l'extrémité nord du mur qui soutient la terrasse au-dessus de la cour du moulin (fig. 2).

Passerelle menant au moulinFig. 2 : Photographie de l'extrémité nord du mur soutenant la terrasse montrant : en haut (rectangle blanc) les restes de la passerelle et en bas (cercle blanc) la trace de la voûte rebouchée. (Photographie de l'auteur).


L'auteur du plan terrier de 1764 n'a pas dessiné la limite de la terrasse derrière le salon d'if. Le dessin semble indiquer que l'eau des douves allait jusqu'au moulin par cette passerelle. Est-ce que cette passerelle était pourvue d'un canal qui conduisait l'eau au-dessus de la roue du moulin et permettait ainsi d'avoir une chute d'eau qui transmettait son énergie à la roue ? Sur la photographie de la fig.2, en dessous des restes de la passerelle, figure la trace d'une voûte qui a été rebouchée. Est-ce que l'alimentation en eau de la roue du moulin se faisait par ce conduit en voûte, l'eau arrivant sous la roue pour lui transmettre une partie de son énergie cinétique ?
Dans ces deux cas, la passerelle reliant la terrasse au moulin devait permettre au meunier d'accéder au dispositif de régulation d'alimentation en eau de son moulin ? Il nous est difficile de trancher entre ces deux hypothèses mais la première semble plus efficace. Quoi qu'il en soit, nous avons constaté que la prise d'eau, au niveau des douves, a été déplacée plus au sud pour l'alimentation de la roue du moulin du XIXe siècle. Le moulin lui-même semble avoir été reconstruit plus au sud (fig.3).

Cadastre de 1831 montrant le moulinFig. 3 : Cadastre de 1831 montrant le moulin du XIXe siècle (1), la prise d'eau au niveau des douves (2) et le ruisseau (3) qui a fait tourner la roue.

 

Le moulin que nous avons trouvé en 1976 était constitué de trois corps de bâtiments disposés en T comme il est représenté sur le cadastre de 1831 (fig. 3) : le moulin orienté est-ouest est constitué de trois niveaux ; dans son prolongement, du côté est, une étable est surmontée d'un fenil ; en retour d'équerre avec le moulin, l'habitation orientée nord-sud, possède un rez-de-chaussée, un étage et un grenier. Ces bâtiments, construits au début du XIXe siècle, ont été déplacés au sud de l'ancien moulin et bâtis avec les pierres de récupération du château.
La meule du moulin était mue par une turbine, située au sud de celui-ci et alimentée en eau par une conduite forcée provenant d'une cuve creusée dans la terrasse, elle-même alimentée par les douves.
Antérieurement à ce dispositif, la meule était mue par une roue à aubes située au sud du moulin et dont l'emplacement est encore visible. Cette roue pouvait être actionnée par le haut ou par le bas grâce à l'eau provenant des douves (fig.3). Le ruisseau qui avait entraîné la roue est bien visible sur le cadastre de 1831, au sud du moulin.
Le local abritant la turbine ne figure que sur le cadastre de 1950 ce qui indique que la turbine daterait du XXe siècle.

Bernard Gueugnon

Question aux membres du CeCaB sur une plaque de cheminée qui proviendrait du château de Toulongeon

de Bernard Gueugnon

Photographie d'une plaque de cheminée qui proviendrait du château de Toulongeon selon les propriétaires. Nous l'avons examinée avec Louis Lagrost. Si le collier interne peut être celui de l'Ordre de Saint-Michel auquel appartenait Antoine de Toulonjon, nous ne savons pas à qui attribuer l'autre collier et les armoiries. Si un membre du CeCaB peut nous aider dans notre identification, nous l'en remercions.

Deux réponses de membres du CeCaB :

Madame Marinette Coirreaud-Chandioux nous donne son avis :

La couronne au-dessus du blason ressemble à la couronne que porte Marguerite III de Flandre, femme de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (voir sur le site de "Marguerite III de Flandre")

Sur le blason de la plaque trois parties :

  1. le lion debout couronné est, entre autre, l'emblême du comte de Flandre, comte de Nevers, et blason de Decize... emblême que l'on retrouve sur les armes de Bourgogne.
  2. les fleurs de lys : emblême des Bourbon, également présent dans le blason de la Bourgogne, en général 3, là nous en avons 5...
  3. la couronne, qui ressemble à celle de Marguerite de Flandre, tout à fait différente des couronnes de comtes, de barons, etc...

Le château de Germolles est décoré des initiales "M" pour Marguerite et "P" pour Philippe... le collier de la plaque est fait de "M" et de fleur de lys, le "M" pourrait être apparenté à Marguerite ?

Monsieur René de Beaumont nous propose :

Il semble qu'il s'agisse des armes de Jean de Saulx-Tavannes, marquis de Tavannes et du Mayet (fils de Jean et de Jeanne-Françoise de Pontailler ou Pontallier) marié le 10 février 1672 avec Anne de Bourbon-Busset (fille de Jean-Louis, comte de Busset, baron de Chalus, Puyagent et Vésigneux, et d'Hélène de La Queille)

Les Saulx-Tavannes blasonnaient en effet " à un lion couronné" (comme à gauche sur la plaque) et les Bourbon-Busset " semé de lys brisé d'un lambel ou cotice" (comme à droite sur la plaque). Cette plaque aurait donc pu être coulée peu à après ce mariage et être écartelée, comme d'usage, des armoiries des familles des deux époux.

Jean de Saulx-Tavannes aurait pu hériter de la sgie et château de Vésigneux (cne de Saint-Martin du Puy) dans la Nièvre, et cette plaque venir de ce château ou d'une de leurs autres propriétés en Autunois. Pour les colliers je ne suis pas un spécialiste et ne peux rien vous en dire.

En conclusion :

Cette plaque de cheminée ne semble pas provenir du château d'Alone-Toulongeon mais pourrait provenir du château de Sully près d'Autun. En effet, ce château a appartenu à la famille Saulx-Tavannes du XVIe siècle au XVIIIe siècle. Des recherches sont entreprises en ce sens auprès de la propriétaire du château.

La chapelle castrale, nouvelles données

Cette chapelle existait au XVe siècle puisqu'en 1415, « Marie d'Alone faisait fondation d'une messe qui sera célébrée chaque jour en la chapelle située devant la maison-forte d'Alone ». Celle-ci a été présentée dans l'article Le château d'Alone-Toulongeon à La Chapelle-sous-Uchon (Saône et Loire) publié dans Chastels et Maisons fortes IV en 2014. L'équipe du CeCaB qui a effectué les relevés dans la cave située sous la chapelle a écrit : « La cave voûtée située sous cette chapelle existe encore dans son aspect d'origine. Les murs, en gros appareil, ont une épaisseur de 1 m à 1m20. La hauteur maximale sous la voûte est de 1,90 m. L'accès aux caves s'effectuait par une porte à encadrement de pierres taillées depuis le mur gouttereau oriental. La cave est séparée en deux parties non construites simultanément ce qui indiquerait une chapelle plus petite à l'origine. ».

Ainsi, au XVe siècle existait une petite chapelle qui a été agrandie plus tard.

Chapelle castrale du château d'Alone-Toulongeon

Fig. 3 : Extrait du cadastre de 1831 : 1- la petite terrasse, parcelle 46 ; 2- la chapelle.

Fig.4 : Ce plan dressé par l'équipe du CeCaB montre les deux caves de la chapelle (1). Les restes du mur (2) soutenant la petite terrasse (3) sont situés entre la chapelle et la remise dans le prolongement du mur gouttereau oriental.

Fig. 5 : Pignon nord du bâtiment actuel. Le pignon de la chapelle se situait à droite de la ligne blanche verticale. Les restes du mur qui soutenait la terrasse à l'est sont situés aux deux extrémités du trait blanc pointillé qui en indique l'emplacement. En-dessous de l'œil-de-bœuf, on distingue les traces de l'encadrement de l'ancienne porte d'entrée.

Récemment, nous avons cherché à connaître quand et comment cet agrandissement a été effectué.
La porte d'accès aux caves s'ouvre dans le mur gouttereau oriental de la cave sud (fig.4 indice 1). Il est donc logique de concevoir un agrandissement effectué par la construction de la cave nord.
Des observations vont nous le confirmer :

  1. Sur le tableau représentant le château de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle (fig.1) aucune porte ne figure sur le pignon nord de la chapelle. Son mur gouttereau oriental montre une fenêtre et son toit une lucarne engagée. Par contre, le tableau de Claude Repoux (fig. 2), peint vers 1820, montre une porte sur ce pignon nord. Les traces de son encadrement de pierre sont encore visibles autour de la fenêtre du pignon nord, en dessous de l'œil-de-bœuf (fig.5).
  2. Sur le cadastre de 1831 (fig.3), devant le mur du pignon nord, figure une petite terrasse carrée (parcelle 46) qui empiète sur les douves.
  3. Dans le prolongement du mur gouttereau oriental de la chapelle, du côté nord, nous trouvons les restes d'un mur (fig. 4 et 5) arasé au niveau du sol. Celui-ci correspond au mur qui soutenait à l'est cette petite terrasse.
  4. Anatole de Charmasse a écrit (Mémoire de la Société Eduenne T 45 fasc. 4, page 28) : « Il résulte d'un acte du 17 septembre 1761 que M. le Vicaire général et official de Mgr l'évêque d'Autun a visité et reconnu l'état d'une chapelle domestique pour lors rétablie et reconstruite à l'angle de la cour d'entrée du château de Toulonjon, qui s'était trouvée dans un état décent, suffisamment pourvue de vases sacrés et autres choses nécessaires à la célébration des saints mistères, laquelle chapelle avoit été bénie le lendemain 18 dudit mois… ».

Ainsi, l'agrandissement a été effectué du côté nord jusqu'en limite des fossés en eau. Il a nécessité l'aménagement d'une terrasse qui s'avance sur les fossés afin de permettre l'accès à la chapelle par la porte du pignon nord crée lors de l'agrandissement. Cet agrandissement a eu lieu entre les dates de réalisation des deux tableaux donc lors des travaux effectués entre 1756 et 1759 par Théodore Chevignard de Chavigny. La chapelle reconstruite a été bénie en 1761.

Bernard Gueugnon